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CLOSE DISTANCE : COVIDIALITY

Ce format regroupe plusieurs créations sonores réalisées par des artistes suisses de plusieurs régions linguistiques entre mai et août 2020. Le fond extraordinaire "Close distance" de Pro Helvetia a permis à des plasticien·nes de confronter leur pratique à la création radiophonique. Ces travaux constituent une exposition sonore qui s'articule sur plusieurs semaines jusqu'en septembre 2020 et qui va partager avec le public des expériences d'écoute et une diversité de contenus. La publication hebdomadaire sous forme de collection de podcasts permet de créer une émancipation envers la grille horaire et de proposer aux auditeur·trices de rentrer en relation avec les créations de manière spontanée. Cette série estivale de radio art souhaite offrir aux artistes la possibilité de trouver un médium capable d'accueillir leur centre d'intérêt tout en garantissant un contact singulier avec le public. Le mot "covidiality" permet d'ancrer ces productions dans une période précise tout en soulignant l'envie de maintenir l'esprit de convivialité cher à Lumpen Station lors de ses activités habituelles. 

Pour ce cycle de création, Lumpen Station à bénéficié de l'aide de Pro Helvetia, FRSC, de co-productions avec espace libre Visarte Biel/Bienne, Lokal-Int et Sonnenstube. Les créations sont aussi le fruit de l'enthousiasme et la générosité des artistes invité·es qui ont pour la plupart accepté de travailler en semi-bénévolat. 

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L'étude du pain - Boris Gétaz 

Ce travail est le premier d’une série d’essais sonores en cours de réalisation. Le principe de ces essais est d’explorer le lien qui unit musique, son, discours, narration. 
L’idée de cet essai a émergé au début de la crise du coronavirus. Submergé par un torrent d’informations contradictoires et de polémiques stériles, bloqué dans un présent perpétuel, j’ai souhaité prendre de la distance et questionner le rapport qu’entretient l’homme avec les micro-organismes. 

Cet essai ne vise en aucun cas l’exhaustivité. Il propose plutôt, par la juxtaposition d’éléments disparates, et parfois déconnectés, de nourrir une réflexion, d’introduire de manière sensible une histoire. La musique a pour base de longues improvisations visant à l’origine à créer trois ambiances différentes, auxquelles furent ajoutées des couches visant à la rendre d’avantage expressive, à la faire véritablement dialoguer avec le texte. La première partie aborde la maladie et la peur qui en découle, mais aussi la fermentation, technique ayant permis de conserver et d’enrichir les saveurs de notre nourriture avant même la découverte de l’agriculture. 

Le deuxième a pour toile de fond l’hygiènisme et ses conséquences. De la découverte des bactéries, virus, vaccins, à l’utilité du lavage des mains, mais aussi de son influence sur l’urbanisme au XIXe et XXe siècle. Enfin, la dernière, la plus longue, est un dialogue de sourd, doublée d’une fuite en avant. Polémiques scientifiques, discours politiques aux accents guerriers, complotisme… Est-ce que le rappel du temps long des deux premières parties permet de questionner ces discours  ? Ou au contraire, est-ce que l’ivresse induite par le flot continu empêche toute mise en perspective? Ou peut-être est-ce juste la nausée…

Sources :
Joseph Patrick Byrne, Encyclopedia of the Black Death
https://nicrunicuit.com
Wikipedia
Youtube
lemonde.fr
www.retronews.fr